« Le Sud Charente a une vocation forestière marquée : la forêt couvre environ un quart du territoire, soit plus de 25 000 hectares » explique Michel Nauleau, vice-président du Comité des Territoires Sud Charente. « La tempête de 1999 y a causé des dégâts considérables » ajoute Sylvain Brisa, animateur du Pays. « On estime ainsi que 45 à 50 % des bois et forêts endommagés n’ont toujours pas été réhabilités : la reconstitution et la valorisation de cette ressource constituent donc une priorité. Or le massif forestier sud charentais se caractérise par un morcellement élevé et un nombre important de petits propriétaires, possédant chacun en moyenne moins de 3 hectares, divisés souvent en plusieurs parcelles ».
L’élaboration d’une Charte forestière est donc apparue comme un outil adapté, susceptible de sensibiliser et de mobiliser l’ensemble des acteurs, tant institutionnels qu’associatifs ou privés, autour d’objectifs partagés.
« Le but de cette Charte est triple : économique, environnemental et touristique » précise M. Nauleau. « Le volet économique est central : il s’agit de renforcer, structurer et diversifier la filière de production, mobilisation, transformation et valorisation des produits forestiers locaux. En effet, malgré son étendue, le massif forestier du Sud Charente est globalement sous valorisé : or une forêt non exploitée est une forêt qui se meurt et, avec elle, des opportunités de développement des territoires qui disparaissent ».
Les potentialités sont pourtant considérables, tant dans le domaine du bois énergie que du bois industriel.
« Il existe par exemple en Sud Charente 23 chaudières collectives utilisant des plaquettes de bois : or une étude menée en 2007 par la Chambre d’Agriculture montre que près de 80 % des collectivités s’approvisionnent hors du territoire, alors que la ressource existe ! » souligne M. Nauleau. « L’idée de créer une filière locale spécifique fait donc son chemin : nous avons ainsi finalisé, dans le cadre de notre Contrat Local Initiatives Climat, une charte qualité visant à proposer un combustible répondant parfaitement aux attentes des utilisateurs et avons par ailleurs répondu à l’appel à projets lancé par la Région afin de structurer cette filière sur les territoires. Cet aspect constituera vraisemblablement un des axes de la Charte forestière ».
Initiée en février 2009, l’élaboration de cette Charte nécessitera environ 18 mois de travail et de concertation, en trois étapes : une phase de diagnostic forestier, confiée à un cabinet spécialisé, suivie de la définition d’orientations stratégiques et de la constitution d’un plan d’actions hiérarchisées.
« Sans les financements européens, qui ont permis la réalisation de cette étude structurante, le Pays Sud Charente n’aurait pu initier une telle démarche » indique S. Brisa. « Ce travail d’expertise, restitué en septembre 2009 par le bureau d’étude, doit en effet permettre aux acteurs d’organiser et de nourrir leur réflexion : il leur appartient désormais de formuler des propositions d’actions, soumises ensuite à l’arbitrage du Comité de Pilotage. Le projet entrera alors dans une phase de mise en oeuvre concrète, qui pourra éventuellement bénéficier à nouveau d’un soutien du FEADER ».
Faire de l’arbre un atout de développement : une approche dynamique et pertinente, tant au niveau des territoires qu’à l’échelle européenne..
Axe : 4 - Programme LEADER
Service instructeur : Direction Régionale de l'Agriculture, de l'Alimentation, et de la Forêt
Tel : 05 49 03 11 43
Mail : nicole.couanon[at]agriculture.gouv.fr